dimanche 1 novembre 2009

Bilan octobre

Le mois d'octobre se termine enfin, dans la douleur. En effet après un mois de septembre catastrophique, j'espérai retrouver un run décent lors d'octobre. C'est beau d'être utopiste...
Pour résumé octobre en chiffres c'est :
- 37 500 mains de cashgame
- Une perte de 6$ au lieu de +1200$ en terme d'EV
- 641$ de gains liés au rakeback
- 1100$ de profit en MTT

Courbe de gains en cashgame

Le tout porte le total de mes gains à 1735$ ce mois-ci.
Le bilan chiffré c'est une chose mais il est évidemment bien plus important de s'attarder sur la forme et mon ressentiment sur ce mois de poker.

Commençons par les points négatifs :
- J'ai une nouvelle fois en fin de mois eu envie de tout arrêter. En effet non seulement j'ai runné 1200$ en dessous de l'EV mais j'ai surtout eu le droit à tous les set up du monde deep, que j'ai absolument TOUS perdus. Mon mental en a pris un coup lorsque je me suis vu finir even sur le mois alors que j'aurais dû me situer plutôt autour des 2K$ de gains :)
- Petite tendance à prendre des coups gambles dans les MTT à faible buy in

Les principaux points positifs sont les suivants :
- J'ai enfin réussit à faire du volume. J'espère continuer à faire autour des 40K hands per month
- J'ai clairement la certitude de défoncer ma limite actuelle (NL100 6max sur FullTilt)
- Mon jeu préflop est nettement plus équilibré qu'avant et mon agression postflop décuplée, notamment concernant le choix des " bonnes cartes " à 2 barrel sur la turn.

Après une petite discussion avec Jaybee succédant une enième session boubier, nous sommes arrivés à la conclusion évidente que ma réussite passera par une acceptation TOTALE des sessions difficiles. Il est vraiment nécessaire que je me cré un blindage intégral en me focalisant uniquement sur la façon dont j'ai joué les coups. En d'autres termes, je dois m'affranchir totalement de la fluctuation financière, qu'elle soit positive ou négative. A partir de ce moment là, je pourrais m'ouvrir la porte des limites supérieurs où là difficulté et la variance seront d'autant plus importantes.

Je suis donc motivé pour continuer à relever le challenge fixé, le mois d'octobre m'aura permit de me rendre véritablement compte de la difficulté psycologique d'un tel défi. En effet le poker est loin d'être de " l'argent facile" mais je vais comme toujours, m'atteler à surmonter les difficultés pour essayer de devenir le meilleur joueur de poker que je puisse être.

samedi 24 octobre 2009

I'm swinging in the rain

La deuxième partie du mois d'octobre est caractérisée par pas mal de grind encore, le temps étant devenu un peu pluvieux sur Boston. Je commence en fanfare en faisant une perf sur un 10+1$ 6 max de FullTilt. 1500 joueurs, short stack à 3 joueurs left, j'ai la chance de profiter d'un deal qui stoppe le tournoi et me rapporte 1200$. Je regrette un peu ne pas avoir laisser de l'argent pour le vainqueur et ainsi finir le MTT. Assez grisant d'arriver jusque là sans savoir qui est le gagnant final du tournoi.

Bref après ce tournoi je me retrouve à 77 buy in de NL100 et pense être enfin sorti du bourbier dû à ma bankroll un peu juste. C'est beau de rêver...
Les 7 jours suivants me replongent dans le downswing avec une perte sèche de 1700$ en 10K hands soit la totalité de mes gains en cash du mois d'octobre.
Toujours la même histoire beaucoup de set up, incapacité à gagner des flips d'où une courbe de gains 700$ en dessous de l'EV.


Je pense néanmoins avoir des leaks dans mon jeu et je continue, en parallèle, de discuter énormément stratégies avec d'autres grinders. Je regarde aussi quelques vidéos de la team limpers.


Néanmoins le grand changement dans mon jeu survient il y a deux jours après la lecture d'une partie du livre de Baluga.
http://www.balugapoker.com/books.html
Pour information Andrew "BalugaWhale" Seidman est un grinder online qui joue la NL2000,NL5000 et qui a écrit deux volumes sur le poker.
Ces deux petits bijoux sont disponibles pour la "modique" somme de 300$ pour le volume1 et 700$ pour le volume2.
De tous les livres de poker que j'ai lu, celui-ci est tout simplement le meilleur et de loin. C'est véritablement un bijjou qui peut conduire les joueurs solides de NL50 et NL100 à monter les limites beaucoup plus rapidement que ceux qui n'ont pas eu la chance de se plonger dans cette bible du poker. Je n'ai pas encore commencé le volume 2 mais je n'ose même pas imaginer tout ce que je vais y apprendre.

La route vers les NoseBleed limit est encore très longue mais je pense disposer d'un véhicule en parfait état pour terraser les milliers de km de bitume qui s'ouvre devant moi

Sinon j'ai eu la chance d'assister au tournage du dernier film de David Fincher (Fight Club, Seven, Panic Room etc...) juste devant le Thirsty Scholar, un bar situé en face de chez moi. J'ai filmé une de leur scène où l'on peut voir Justin Timberlake qui est un des main characters de ce nouveau film. Doux :)


video

vendredi 16 octobre 2009

10K pour noël ?

Juste une quick update pour actualiser mon retour sur la NL100 et la récupération de ma bankroll pré-badrun de 6500$. Je dois avouer que je me suis fais mal pour remonter le gouffre dans lequel j'étais tombé en septembre et je suis relativement fier de moi sur ce coup. J'ai été sérieux en redescendant de limite, en switchant sur le 6-max pour réduire la variance. En d'autres termes j'ai pris le temps qu'il fallait pour remonter en limitant au maximum le risque de ruine.
J'ai acquis une expérience phénoménale grâce à cette épreuve.

Voici le graph des gains sans rackback :


Avec le rackback je me trouve à 2000$ de gains à la mi-octobre ce qui est vraiment très encourageant pour la suite.

jeudi 15 octobre 2009

L'argent est le nerf de la guerre

Qu'on se le dise au préalable, le poker est un jeu d'argent. Le poker de type "freeroll" n'est pas sans intérêt, loin de là, mais le coeur même du poker est fondamentalement lié à l'argent. Et c'est précisément de ce dernier que je veux parler à travers ce petit billet.

Tout joueur de poker "sérieux", j'entends par sérieux joueurs de middle limit ou high stakes se retrouve forcément confronté à une modification de la valeur de l'argent. En effet lorsque vous êtes capable de vous installer à une dizaine de tables de cash-games où vous apportez une centaine, voir plusieurs centaines, de dollars impliquent forcément une modification dans votre appréciation de la valeur de l'argent. En effet que représente pour vous un café à 1$ ou un Mac Donald à 10$ lorsque vous êtes capable de poser 1000$ en même temps derrière un écran de laptop sans sourciller?



La où je veux en venir c'est que cette métamorphose entraîne inévitablement un décalage avec les gens qui vous entourent. Comment discuter poker avec vos amis qui ont peu d'argent (Étudiant, smicard etc...) lorsqu'il vous demande comment cela se passe en ce moment?
-Salut, aujourd'hui j'ai perdu 800$ en 3 heures!
-Salut, aujourd'hui j'ai gagné 1200$ !

En réalité, j'ai fais les frais et constaté qu'il ne faut pas parler poker avec vos amis non initiés. Qu'est-ce que c'est dur!!!
En effet quand ce jeu devient votre passion, vous avez envie de la partager avec vos amis, tout comme Marc, votre meilleur pote, vous raconterais sa victoire au football du week-end. Cependant de part la nature du poker, ceci n'est pas possible.

Vous allez faire rêver vos amis lors de vos good run et de vos gains vertigineux. Leurs yeux brillent et vous pouvez voir à travers les reflets de leurs pupilles qu'ils se disent :" Comment fait-il pour gagner autant d'argent en jouant aux cartes?","Et si j'essayais de m'y mettre ?"

En revanche lors de vos bad run vous aller les soûler totalement. Le downswing est une période horrible pour tout joueur de poker, l'argent s'envole vers d'autres cieux, le moral est atteint, la confiance disparaît et chacun recherche du réconfort. En toute logique, on se tourne vers nos amis qui sont là pour nous soutenir, sauf que dans ce cas précis, ils ne peuvent pas comprendre. Le monde du poker est incompréhensible pour un non-initié. Être grinder online c'est comme vivre dans un monde à part, fermé, compréhensible uniquement par les autres grinders qui savent à quel point les réseaux de poker online sont des réservoirs à $ mais aussi qui sont conscient du bourbier dans lequel ils se sont jetés et des sacrées tripes nécessaires pour tirer son épingle de ce champ de bataille infini.

En général la seule chose que vos amis trouvent à dire c'est : " Fais un brake, ça ira mieux plus tard"
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Je HAIS cette phrase. C'est LA PHRASE à ne pas me dire quand je suis en bad run. En effet après leur avoir expliquer 1 millions de fois que le poker gagnant est lié au long terme, qu'il faut faire beaucoup de mains pour tuer le hasard, que ce n'est pas en se touchant qu'on va remonter la pente, que les cycles de chance importe peu puisqu'on joue suffisamment pour les anhiler, etc ; Les gens sont assez stupide pour vous dire, excusez-moi du terme, cette putain de phrase qui illustre leur manque d'intelligence et leur incapacité à comprendre le poker réfléchit, professionnel.

Le grinder ne peut être compris que par les autres grinders, je crois que c'est le proverbe à retenir de ce billet.

Depuis quelques semaines, j'ai totalement compartimenté mon cerveau. Toutes mes pensées pokéristiques n'interviennent qu'auprès de mes amis très proche à qui je peux me confier, à ma famille et à mes autres amis grinders. J'ai sciemment rendu hermétique ce monde auprès de tous les autres afin de me protéger et éviter de perdre des amis qui me sont cher malgré tout.

En fait je ne peux m'empêcher de comparer le poker à la bourse et au monde des finances. Pour moi être joueur de poker professionnel c'est comme être trader. On pari sur des actions rentables sur le long terme. Quand on voit à quel point la bourse est hermétique et incompréhensible pour la majorité des gens (La crise est tombée sans que personne ne le soupçonne le moins du monde), je suis pas étonné de retrouver la même configuration autour du poker.

Malgré toutes ces embûches, ces difficultés, je suis loin de quitter le poker. Au contraire, cela me motive encore plus car c'est un véritable défi prouvant notre force et notre abnégation d'essayer de concilier tout ça de la meilleur façon qu'il soit.

Pas facile la vie de grinder mais c'est une certitude, les grinders sont les nouveaux Golden Boys de notre société. Des jeunes comme Tom "Durrr" Dwan, Ilari "Zigmund" Sahamies ou encore Sam "LarsLuzak" Kelopuro sont partis de rien et sont à l'heure d'aujourd'hui multi millionnaires à seulement 22-23 ans. Vous pensiez que seul le loto pouvais permettre ça? Vous venez de découvrir le poker professionnel...

mercredi 7 octobre 2009

Road to NoseBleed Limit

Je tiens tout de suite à vous rassurer, cela va beaucoup mieux. Après un mois de septembre catastrophique où j'ai failli creuser ma tombe avec un downswing de 2000$ soit 30% de ma bankroll, j'ai enfin réussit à me remettre sur la bonne voie et à remonter cette longue et sinueuse pente.


A 4500$ de bankroll je décide de me réimposer une gestion de bankroll drastique et afin de retrouver une motivation disparue sur les low limits, j'ai décidé de relever un challenge proposé sur Pokeralyon.
Le challenge est relativement simple, 6 tabling, départ en NL50, 6max, montée de limite à +12 caves (sans rackback bien sur), descente de limite à la perte de 6 caves.
Sans ce challenge je vois pas comment j'aurais pu m'imposer une rigueur sur la NL50 alors que quelques jours auparavant je shottait la NL200.
Pour le moment on peut dire que le challenge se passe bien, +12 caves de NL50 en 15 000 mains, montée en NL100 il y'a deux jours. Actuellement je suis à +2 caves à cette nouvelle limite et ma bankroll retrouve une partie de son ancienne superbe qui semblait si loin (5600$).

L'objectif à court terme est 10K à la fin de l'année. Je pense être sur à 80% de réussir cet objectif. Celui à long terme est très utopique : continuer à monter les limites juska ce que mon potentiel me le permette. Certaines personnent jouent au poker pour atteindre une certaine limite et s'y fixe indéfiniement. Souvent ces personnes gagnent suffisament d'argent et préfère rester sur des sommes " confortables " pour ne pas trop être trop atteint psycologiquement. A l'heure actuelle je suis vraiment impatient de progresser, monter le plus haut possible et rivaliser avec des joueurs de plus en plus fort.

Pour cela je profite des vidéos disponible sur limpers.com qui sont tout simplement exceptionnelles. Je conseil à tous ceux qui désirent se mettre sérieusement au poker de s'abonner à ce site. J'ai notamment regarder la vidéo d'Alex qui a participé au 25 000$ HU des WCOOP. Son raisonnement est tout simplement hallucinant. J'ai été subjugué, admiratif d'un tel niveau de poker et il est certain qu'un joueur comme moi a absolument aucune chance de rivaliser avec un joueur de cet acabi en HU ( Photo de Defunkt pour le CP)


Parallèlement je commence à imaginer mon séjour à Vegas en juillet. Je pense rester 2 semaines minimum.
Au programme, cash games en fonction de ma bankroll à ce moment la et surement plusieurs MTT Deepstack au Venetian qui offrent une structure remarquable pour un relatif faible buy in.


Sur le plan personnel, ce gros bad run en septembre m'a endurcit mentalement. J'ai été très affecté par ce violent downswing et j'ai eu beaucoup de mal à ne pas laisser interférer le poker dans ma vie sociale. Mais j'ai réussit à faire la part des choses lorsque j'étais au plus mal et ce revirement de mentalité à coincider avec ma remontée. Aujourd'hui je me considère plus que jamais comme un grinder et jpeux même aller jsuqu'à dire que le poker est devenu comme un second job. Néanmoins je ne joue pas uniquement pour l'argent, la passion n'a jamais été autant présente et j'ai hate d'atteindre les limites supérieurs pour me mesurer à des joueurs de plus en plus forts.

Mon prochain billet sera sans doute une petite réflexion personelle sur le rapport à l'argent lorsque l'on est joueur de poker. Ce dernier, incompréhensible pour 90% des gens me fait énormément réfléchir.

mardi 22 septembre 2009

Bleeding


C'est l'hémorragie interne, besoin urgent de pansements et compresses en tout genre.
Voila ce que ça donne : Bleed

Heureusement je me soigne, je suis passé sur le billard, moving back to NL50 etc... et je commence lentement la cicatrisation, la preuve en est je devrais faire mon retour sur la NL100 dès aujourd'hui.

Etat catastrophique lié à un énorme bad run en cash et a de l'argent gaspillé en MTT car malgré 2 bons résultats, je n'optimise pas en kasi bullant les TF.

46/1875 d'un 24+2 knockout et 24/1889 d'un 24+2 double stack.

J'espère être bientôt remis sur pied.

P.S : Désolé pour le surlignage, je ne sais pas comment il est apparu et je ne sais surtout pas l'enlever




samedi 12 septembre 2009

Le bourbier



Enlisé, bloqué, empêtré, il est difficile de sortir de cette boue qui vous attire inlassablement. Au jour d’aujourd’hui j’ai enfin compris ce qu’était les sites de poker online. Un bourbier infini, hostile, dans lequel rien n’est acquis ; Un véritable champs de bataille dans lequel des millions de soldats luttent pour un utopique pécule.

Le poker est très similaire aux guerres d'antan. Le soldat creuse des milliers de tranchées pour gagner quelques centimètres de terrain face à l’ennemi ; Le joueur de poker solide grind et accumule les dollars lentement après un nombre substantiel de mains lui permettant de soi disant atteindre le long terme, véritable nirvana pour ceux qui pensent avoir un edge sur le field. La morale est que dans les deux cas, le résultat est lié à trop de facteurs aléatoires. Le meilleur soldat peut se faire tuer de la plus stupide des façon et le plus grand joueur de poker peut se faire détrousser par le plus gros mongolo du field.

Ceci est très dur à accepter pour un compétiteur comme moi.


Je mesure enfin l’horreur de ce champs de bataille. Dominer, règner, écraser, jusqu’à cet obus mortel, cette bombe qui réduit nos espoirs à néant, ce 2 ou 3 outers river qui nous fait tant souffrir. Je vis dans un véritable champs de mines, chaque flop est piégé, chaque turn ou river est totalement scary. Pour résumer chaque move est un échec. J’ai l’impression que mes adversaires lisent en moi comme dans un livre ouvert, le fin stratège à disparu pour laisser place à un vulgaire pantin qui se fait manipuler.



Le bilan de cette guerre est lourd : -1500$ en 15 jours. Downswing quand tu nous tient.

Néanmoins les temps changent à ce qu'on raconte. Mon moral est intact, je suis prêt à faire face à l’ennemi et à lui faire mal.

La morale de cette métaphore est de penser à sortir du bourbier un jour ou l’autre. Retirer ses troupes, prendre du recul, éviter à tout prix l’enlisement sous peine de plier sous l’ennemi qui dispose de multiples armes, directes ou indirectes, pouvant nous réduire à néant dans un espace de temps infiniment plus court que ce que l’on pourrait imaginer.